Le clavier d’emoji du Mac, et pourquoi j’ai créé Comoji
· Matt Senter

Chaque Mac est livré avec un clavier d’emoji. Appuyez sur Contrôle + Commande + Barre d’espace, ou sur Fn + E (Globe + E sur les claviers dotés d’une touche Globe), et un petit panneau d’emoji apparaît là où vous tapez. Il est gratuit, intégré à macOS, et la plupart des gens n’y repensent jamais.
Moi, j’y ai beaucoup pensé, parce qu’il est vraiment mauvais pour ce que je fais le plus. Je sais presque toujours exactement quel emoji je veux, et je le veux sans quitter le clavier.
Alors j’ai créé Comoji. Ceci n’est pas un tutoriel ; le guide de Comoji couvre toutes les façons d’ouvrir le sélecteur. C’est le regard d’un fondateur sur ce que le clavier d’emoji d’Apple réussit, là où il échoue, et les choix derrière l’app que j’ai faite à la place.
Qu’est-ce que le clavier d’emoji du Mac, au juste ?
Apple l’appelle le visualiseur de caractères. La liste des raccourcis clavier Mac d’Apple indique que Contrôle + Commande + Barre d’espace ou Fn + E l’affiche, et vous pouvez aussi choisir Édition > Emoji et symboles.
Il fait plus que des emoji. Le guide d’Apple sur les emoji et symboles le présente comme un moyen de parcourir et d’insérer des emoji, des symboles, des lettres accentuées et des caractères d’autres langues. Il comporte un champ de recherche, une liste de favoris et des variantes de teinte de peau quand vous maintenez le clic sur un emoji.
Il existe aussi une fonction plus discrète que beaucoup ignorent. Tapez un mot comme « cœur », appuyez sur Fn + E, et macOS propose des emoji pour le remplacer. Dans les réglages Clavier, vous pouvez même faire en sorte que la touche Fn ou Globe seule affiche Emoji et symboles.
Qu’est-ce qu’Apple réussit ?
Pas mal de choses, honnêtement. Le sélecteur est intégré : rien à installer, rien à qui faire confiance, rien à maintenir à jour. Il est disponible partout où vous tapez, pas seulement dans les messageries.
C’est aussi un bon outil pour flâner. Quand je ne sais pas ce que je veux, ou qu’il me faut une flèche, un symbole de degré ou une lettre accentuée, une grille avec recherche est la bonne forme. Le visualiseur de caractères couvre bien plus que n’importe quelle liste de raccourcis emoji ne le fera jamais.
Et Apple a soigné les détails : favoris, caractères fréquemment utilisés, teintes de peau, tailles réglables. Rien de tout cela n’est du travail bâclé.
Où pèche-t-il si vous tapez des emoji toute la journée ?
Le problème n’est pas un manque de fonctions. C’est l’interaction elle-même.
Quand je sais déjà que je veux un lézard, le sélecteur m’oblige à arrêter de taper, à regarder une grille, à viser une petite cible, puis à retrouver ma place dans la phrase. La recherche aide, mais cela reste un détour : ouvrir un panneau, taper dans un autre champ, choisir, revenir.
L’astuce qui consiste à taper un mot puis à appuyer sur Fn + E s’en approche, mais pour moi elle fonctionne à l’envers. Je dois d’abord finir un vrai mot, puis demander une suggestion avec une combinaison de touches. Le résultat dépend du mot que j’ai tapé, pas de l’emoji que j’ai en tête.
Chaque détour est petit. Les emoji aussi, et ils reviennent sans cesse dans notre façon d’écrire aujourd’hui. Une petite taxe sur un geste fréquent finit par peser.
Pourquoi les deux-points de Slack étaient-ils la meilleure idée ?
Dans Slack, je n’ai jamais eu ce problème. On tape deux-points et quelques lettres, et les suggestions apparaissent au niveau du curseur. On continue à taper pour affiner, on appuie sur Tab, on poursuit. Les mains restent sur les touches et les yeux sur la phrase.
Cette interaction n’a jamais vraiment concerné Slack. Elle était simplement enfermée dans une seule app. Discord parle le même langage des deux-points, et le clavier d’emoji de macOS ne l’a jamais appris.
Comoji est ma réponse. Tapez :liz, appuyez sur Tab, obtenez un lézard, dans Messages, Mail, Notes, Safari, Chrome, Notion et TextEdit, pas seulement dans Slack.
Quels choix de conception ont façonné Comoji ?
L’essentiel du travail a consisté à décider ce que l’app devait faire ressentir quand on n’y pense pas. Quelques choix ont compté plus que les autres :
- En ligne, pas dans une fenêtre. Les suggestions apparaissent au curseur. Les flèches naviguent, Tab ou Retour valide, Échap referme.
- Des noms que l’on connaît déjà. Comoji utilise des alias à la Slack et à la Discord, la mémoire musculaire suit donc.
- Un déclencheur modifiable. Les deux-points sont le choix par défaut, et le site de Comoji liste les autres touches possibles s’ils vous gênent.
- Il apprend de l’usage. Les emoji que vous envoyez souvent remontent, et votre choix de teinte de peau est conservé.
- Un nom qui est l’interaction. Comoji, c’est colon (deux-points en anglais) plus emoji. J’en parle davantage dans comment je nomme ce que je publie.
Pourquoi une app d’emoji doit-elle faire attention à vos frappes ?
Une app qui complète ce que vous tapez doit voir ce que vous tapez. C’est beaucoup demander, et j’ai essayé de concevoir autour de cette réalité plutôt que de l’escamoter.
Tout tourne en local. Pas de compte, rien à synchroniser, et ce que vous tapez ne quitte jamais le Mac. C’est la même raison pour laquelle je continue à créer de petits logiciels locaux.
Comoji reste aussi à l’écart des endroits où il n’a rien à faire. Il est désactivé par défaut dans les gestionnaires de mots de passe et les terminaux, et vous pouvez le couper sur certains sites web. Quand la saisie sécurisée de macOS est active, Comoji se retire et affiche un cadenas sur son icône de la barre des menus, un choix que j’ai raconté dans concevoir des logiciels défensifs.
Faut-il remplacer le clavier d’emoji du Mac ?
Non, et vous n’avez pas à choisir. Le visualiseur de caractères reste le bon outil quand vous cherchez un symbole ou que vous flânez. Comoji sert l’autre cas : vous savez quel emoji vous voulez, et vous le voulez sans casser votre élan.
Comoji est une app gratuite de la barre des menus pour macOS 13 Ventura ou version ultérieure, signée et notariée, sans icône dans le Dock et sans fenêtre. Elle est gratuite pour la raison que j’explique dans pourquoi la plupart de mes apps sont gratuites : personne ne paie pour savoir si une autocomplétion tombe juste.
Si vous voulez le savoir, téléchargez Comoji. Tapez deux-points, quelques lettres, puis Tab.